novembre 2019

Solutions de GTA : pourquoi si peu de projets internationaux ?

Horoquartz participait ce 7 novembre à un webinar organisé par le cabinet Temps d’Avance. Parmi les sujets abordés : la gestion des temps, des plannings et des activités à l’international. Et un constat : peu d’organisations considèrent les projets de GTA au niveau international. La GTA et la paie se traitent encore aujourd’hui très majoritairement au niveau local, alors que l’expérience montre que la gestion des temps peut très bien s’internationaliser. L’avis de Thierry Bobineau, Directeur Marketing d’Horoquartz.

Thierry, vous l’avez indiqué pendant ce webinar : une majorité d’entreprises considère que les projets de gestion des temps et activités (GTA), comme ceux de paie, doivent être traités localement ?

Oui et j’ai cité à l’appui de cette affirmation une étude de Markess International. On observe d’abord que 67% des répondants considèrent que l’internationalisation des entreprises a un rôle majeur dans le développement du marché des solutions RH. La globalisation et son impact sur le SIRH semblent donc bien compris. Quand ensuite on demande aux sondés quel est leur avis sur le niveau de gestion de telle ou telle fonctionnalité, entre Global, Local et Glocal, on voit que les appréciations varient fortement suivant le domaine traité. Ainsi, quand 48% des répondants indiquent que la gestion des talents se fait au niveau Global, ce taux tombe à 13% pour la paie et à 13% pour la gestion des temps et des activités. Pour ces 2 sujets, respectivement 77 % et 73% des sondés indiquent que cela reste au niveau purement Local (national). Situation que Markess résume ainsi dans son étude : « Quant aux processus RH administratifs (paie, gestion des temps et activités, gestion des congés et absences, administration du personnel…), ils restent gérés en local du fait des spécificités, légales notamment, propres à chaque pays ».

Ces spécificités sont-elles réelles et observe-t-on des écarts entre les pays ? La France a la réputation d’être un modèle de complexité. Est-ce un préjugé ou une réalité ?

Nous avons déployé notre solution eTemptation dans plus de 30 pays à ce jour, en Europe, aux USA, en Amérique du Sud, en Asie ou encore en Afrique. Nous voyons en effet des écarts importants entre pays concernant la complexité de la gestion des temps. Parmi les principaux pays où nous trouvons les réglementaires les plus simples de GTA, nous voyons par exemple les USA ou le Royaume-Uni. Avec une complexité plus importante, mais sans toutefois atteindre celle de la France, nous allons trouver des pays comme l’Allemagne, l’Italie ou encore la Belgique. D’ailleurs, une étude récente de NGA Human Ressources évaluant la complexité des processus de paie dans 40 pays confirme que la France arrive en tête du palmarès, suivie par l’Italie, la Belgique, l’Allemagne, le Japon et l’Espagne. Les Etats-Unis et le Royaume-Uni sont loin derrière.

Le deuxième constat est qu’il y a en effet des particularités et des spécificités dans la gestion des temps, des absences et des plannings dans les différents pays.

Et quel est votre retour d’expérience de ces déploiements dans une trentaine de pays ?

Nous voyons que la solution s’internationalise très bien. Il y a une raison assez simple à cela : elle a été conçue pour traiter le contexte français qui est généralement plus complexe. L’adage ‘qui peut le plus, peut le moins’ se vérifie souvent ici. Nous butons rarement sur des difficultés fonctionnelles. D’autre part, l‘application est conçue pour intégrer dans la même instance les particularités qu’on peut trouver dans trouver dans les différents pays. Nous avons ainsi des clients qui gèrent une dizaine de pays voire plus dans la même application sur un serveur centralisé en France ou ailleurs. D’autres clients ont fait le choix d’avoir une instance du logiciel par pays soit sur un serveur local soit sur un serveur centralisé. Dans ces approches internationales de la GTA, certains de nos clients nous demandent une approche ‘Core Model’ applicable à tous les pays avec une prise en compte, de façon additionnelle au Core Model, des spécificités locales.

Mais alors, si la solution est capable d’absorber les spécificités de chaque pays et que chaque client peut trouver l’architecture technique qui lui convient, pourquoi dans ce cas seulement 13% des clients disent gérer les processus de GTA au niveau global ?

Il y a quand même un certain nombre de facteurs qui freinent l’internationalisation des projets. Le premier est la préférence naturelle accordée à l’acteur local. On peut difficilement reprocher à un DRH allemand ou brésilien de privilégier a priori un éditeur national. Ensuite, il y a une conviction bien ancrée que seul un acteur local peut comprendre et traiter correctement les spécificités réglementaires dans son pays. Et puis, il ne faut pas sous-estimer la barrière culturelle et linguistique avec des craintes sous-jacentes sur la qualité des traductions, ou l’efficacité de l’accompagnement ou du support dans la langue d’utilisation. Mais au final, nous observons que les projets internationaux que nous avons menés fonctionnent bien, sont capables de s’adapter finement au contexte local et sont bien acceptés dans les différents pays où la solution est déployée. Certains de nos clients ont d’ailleurs communiqué à ce sujet.