décembre 2017

Industrie : comment suivre la performance des opérateurs ?

Industrie : Comment évaluer de façon objective la performance des opérateurs et des managers de production ? Qu’attendre de cette évaluation ? Quels indicateurs et quels outils pour une mesure efficace ?

“Resituer l’homme centre de l’organisation” : un axe qui pouvait paraître étonnant lors de la conférence plénière qui traitait de l’industrie 4.0 lors de Production Temps Réel Paris du 29 novembre 2017. L’intervenant a pris soin de mentionner que dans cette usine de demain totalement informatisée et largement automatisée, l’Homme resterait pourtant la clé de la performance industrielle.

Et pour contribuer à cette efficience globale, opérateurs et managers de production doivent eux-mêmes être performants.  Se pose alors la question de la mesure objective de cette performance.

 

« Nous voulons suivre les machines plus que les opérateurs »

Cette phrase que l’on entend régulièrement peut trouver du sens dans certaines activités. Malgré tout, la performance des machines dépend aussi largement de celle des opérateurs et dans certaines activités, les deux sont indissociables. D’autre part, même si le coût de la main d’œuvre de production tend à diminuer de façon structurelle dans l’industrie, elle représente encore une part importante du prix de revient dans beaucoup de secteurs.

La nature même de l’activité de production induit ce que l’on va mesurer en termes d’efficacité homme. Dans des industries de process, très automatisées, à faible composante de MOD dans le coût, la mesure de la performance individuelle n’a pas la même portée que dans des activités de discrete manufacturing ou d’assemblage faisant appel à une main d’œuvre qualifiée et plus coûteuse.

Dans le premier cas, suivre des imputations d’heures de façon analytique et les rapprocher de façon globale aux temps alloués sur des agrégations de quantités produites par ligne ou par produit sera souvent suffisant. L’approche sera assez souvent collective dans la mesure où une ligne ne peut fonctionner qu’avec un ensemble indissociable d’opérateurs.

Dans le Discrete manufacturing l’approche est souvent différente. D’une part, parce que le poids de la main d’œuvre est souvent plus élevé dans le prix de revient. D’autre part parce que la performance de l’individu a une incidence forte sur l’ensemble du process, quand bien même cet opérateur travaille sur des postes automatisés.

 

Quels indicateurs suivre dans l’industrie ?

Ces indicateurs de suivi s’établissent en général à 3 niveaux hiérarchiques.

Le premier niveau d’analyse répond à un premier objectif partagé quel que soit le secteur industriel : sur l’ensemble des heures payées combien sont réellement à imputer ? Les logiciels de gestion des temps répondent efficacement à cette question en analysant le présentéisme, l’absentéisme par cause, les temps de pause et en calculant ainsi le temps disponible qui devrait être affecté sur des activités productives ou improductives. C’est bien cet indicateur qui permettra de mesurer l’écart global entre ce que l’entreprise paie en heures travaillées et ce qui est explicable. Et cette analyse peut parfois faire apparaître des écarts équivalents à plusieurs ETP au niveau d’un site industriel.

Le deuxième niveau consiste ensuite à mesurer les temps passés sur des activités productives et non productives par cause (réunions, arrêts, formations,…).  Et pour cela, le logiciel de gestion des temps doit disposer d’un module de suivi d’activité pour collecter cette information sur le terrain et l’analyser.

Enfin, le troisième niveau consistera à mesurer les temps passés de façon plus détaillée sur les activités productives par elles-mêmes : temps passé sur OF/bon de travail, sur machine, sur ligne, etc… En plus des temps travaillés sur ces critères, d’autres données seront en général collectées : les quantités fabriquées, rebutées, des informations de qualité ou de process. Ces données permettront à la fois d’alimenter l’ERP ou le MES et d’effectuer des analyses multicritères pour calculer la performance individuelle et collective. Le logiciel de gestion des temps doit alors disposer d’un véritable module de suivi d’atelier et pas seulement d’une fonctionnalité de suivi d’activité.

 

Quels leviers managériaux pour les managers de production de l’industrie ?

En déployant un système de suivi d’atelier, les managers de production disposent de plusieurs leviers pour améliorer l’efficacité de la performance homme.

La possibilité d’agir en temps réel

Tout d’abord, le pilotage se fait en temps réel. Les dérives sont identifiées immédiatement et le management de production peut intervenir rapidement. Obtenir un reporting le lendemain reste intéressant car il permet une analyse rétrospective et améliore la connaissance. Mais l’objectif est le plus souvent de pouvoir intervenir sur l’événement à chaud pour éviter une dégradation de la performance d’une équipe ou d’un opérateur.

L’indispensable analyse multi-dimension

L’outil de suivi de la performance équipe/homme va par ailleurs permettre d’analyser les temps passés dans un contexte global. Ils seront ainsi rapprochés des données quantitatives et qualitatives (quantités bonnes et rebutées), des temps gammes, des temps machines, et de l’ensemble des causes nécessaires à la compréhension de cette performance. Ainsi, la mauvaise performance d’une équipe ou d’un opérateur peut parfois s’expliquer par des pertes d’efficacité bien en amont (problèmes de maintenance, de process, d’approvisionnement, de qualité). Il est donc essentiel d’analyser la performance dans son ensemble pour comprendre (et améliorer) la performance d’une équipe ou d’un opérateur.

L’évaluation objective de l’opérateur

L’historisation des données d’activité sur longue période est indispensable. Il est parfois plus intéressant de suivre une évolution ou une tendance plutôt que la performance nette d’une équipe ou d’un opérateur à un instant donné, sachant que celle-ci peut être influencée par des facteurs de court terme. Cette historisation des données est souvent utilisée pour établir le bilan annuel d’un opérateur dans le cadre de son EIA par exemple. Il sera ainsi possible de lui présenter une rétrospective  avec l’ensemble de ses temps de présence payés, la décomposition entre temps productif et improductif par cause, puis la décomposition de ses activités productives avec la comparaison théorique/réalisé. Ce bilan factuel permet alors d’engager un dialogue constructif et d’établir les pistes d’amélioration.

L’évaluation objective du manager

Le manager peut également être évalué sur la performance de son équipe en agrégeant les performances des opérateurs qui y sont rattachés. Ces indicateurs facilitent l’appréciation de l’efficacité managériale et l’établissement de plans de progrès collectifs.

 

Pourquoi un logiciel de gestion des temps et des activités est-t-il généralement plus efficace que l’ERP pour la mesure de la performance homme dans l’industrie ?

La question se pose souvent : vaut-il mieux mesurer la performance des équipes dans l’ERP (ou le MES) ou dans le logiciel de GTA ? Plusieurs arguments vont dans le sens du logiciel de GTA : il dispose de l’ensemble des données de temps, et en premier lieu des temps de présence payés et des absences. Le comparatif avec les temps imputés est ainsi beaucoup plus facile. En deuxième lieu, le logiciel de GTA est par définition orienté ‘homme’. Il proposera en général des outils de collecte de données en atelier plus intuitifs et plus simples, à la portée de l’opérateur. Et il proposera également de façon native des fonctions d’analyse de la performance des équipes et des opérateurs. Horoquartz propose par exemple le module HQ Activity de sa suite logicielle eTemptation qui répond typiquement à ce besoin dans l’industrie.

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Thierry Bobineau, Directeur Marketing chez Horoquartz

Thierry Bobineau - blog Horoquartz