mars 2017

L’enquête “parlons travail” de la CFDT

Du 20 septembre au 31 décembre 2016, la CFDT a mené la plus grande enquête jamais réalisée en France pour appréhender le quotidien des collaborateurs. Ce sont ainsi plus de 200.000 salariés qui ont pu s’exprimer.

L’enquête “parlons travail” traite en particulier des conditions de travail et des horaires.

Les résultats de cette étude doivent cependant être interprétés  avec précaution. La CFDT elle-même note que l’échantillon n’est pas parfaitement représentatif de la population salariale en France, notamment du fait d’une représentation plus importante de syndiqués. La CFDT précise ainsi que les répondants manifestent un état d’esprit plus critique que pour d’autres enquêtes menées nationalement sur les mêmes sujets. Néanmoins, la taille de l’échantillon apporte un éclairage intéressant sur de nombreux sujets de la relation employeur/salarié.

Des salariés plutôt heureux au travail, selon l’enquête “Parlons travail”

L’enquête de la CFDT révèle tout d’abord que 3 personnes sur 4 disent aimer leur travail, plus de la moitié dit y prendre du plaisir. 55,7% des salariés affirment même être fiers de ce qu’ils font. Ce taux augmente en fonction du niveau d’études et de responsabilité. Ainsi les cadres déclarent globalement être fiers de leur travail à environ 70%, ce phénomène se vérifiant à la fois dans le secteur privé et le secteur public.

La CFDT précise cependant que ces réponses peuvent être influencées par les normes sociales, en particulier pour les cadres.

Des horaires vivables malgré des exceptions

Les salariés français se déclarent majoritairement satisfaits de leurs horaires de travail (bien ou très bien accordés avec leur vie privée). Plus de 60% des cadres et des agents de maîtrise du privé se disent satisfaits à ce sujet. Pour les salariés du public ce taux est supérieur aux deux-tiers et même à 70% dans la catégorie B. Les employés et surtout les ouvriers du privé (moins de 50%) sont les plus réservés sur ce thème.

La centrale a étudié en particulier 2 items : « Quand j’arrive 10 minutes en retard, c’est pas un problème tant que le travail est fait » et « En général mes horaires de travail s’accordent avec ma vie sociale et familiale ».

Ainsi, 42% des répondants affirment qu’un retard de 10 minutes n’est pas un problème si le travail est fait. 12% disent que ce n’est pas grave mais mal vu. Pour 18%, ce n’est pas grave mais cela doit être compensé. 17% indiquent que cela peut être toléré à condition d’avoir une bonne raison. Pour 4% cela doit être sanctionné et pour 7%, c’est juste impossible.

La norme horaire dans le salariat semble cependant rester exigeante. Ainsi l’acceptabilité des retards semblent corrélée avec le temps de travail. 60% des salariés travaillant moins de 39 heures disent qu’un retard est un problème, voire doit être sanctionné.

L’acceptabilité des retards est également liée au statut. Les cadres du privé bénéficient par exemple d’une tolérance plus importante à ce sujet. Les femmes semblent plus exigeantes en termes de ponctualité, notamment celles qui travaillent plus de 39 heures par semaine.

Sur ce sujet, la CFDT indique que la taille de l’entreprise ne semble pas être différenciatrice. Par contre, il y a une nette différence entre secteur privé et public.

Le délicat équilibre vie privée-vie professionnelle

Sur l’équilibre vie privée-vie professionnelle, on retrouve cette même variabilité dans les réponses en fonction de la durée de travail. Au global, le plus haut niveau de satisfaction à ce sujet se vérifie avec une durée hebdomadaire comprise entre 35 et 39 heures, il décline ensuite de façon linéaire avec l’augmentation des heures travaillées. Ainsi, 60 à 70% des répondants qui ont un emploi de moins de 39 heures par semaine se déclarent satisfaits de leur autonomie horaire. Cet avis chute nettement au-delà. Les salariés qui travaillent plus de 48 heures par semaine sont moins de 30% à considérer que leur vie professionnelle se concilie bien avec leur vie privée. La CFDT note qu’étonnamment ce taux est pratiquement identique entre hommes et femmes. L’âge semble être également un facteur de divergence d’appréciation. Le taux de satisfaction des salariés de plus de 50 ans est ainsi d’environ 10 points supérieur à celui des 15-29 ou 30-49.

De façon logique, le travail de nuit ou du dimanche (même ponctuels ou bien gérés) sont vus comme une difficulté possible de conciliation de la vie professionnelle et de la vie familiale. Plus de 70% des salariés travaillant au moins une nuit par semaine mentionnent des problèmes à ce sujet.

Notons également que 30% des salariés à temps partiels expriment des difficultés du même ordre.

L’étude met en évidence un écart important entre les ouvriers du privé et les fonctionnaires de catégorie B et C. Moins de la moitié des premiers disent que leurs horaires sont bien accordés à leur vie familiale et sociale, à comparer à un taux de 70% pour les seconds.

Une intensification de la charge de travail

Plus de 50% des répondants déclarent avoir une quantité de travail trop importante et insuffisamment de temps pour le réaliser. Mais ce constat fait apparaître des disparités importantes suivant le profil des salariés, qui seront détaillées dans un prochain post sur ce blog.

Lire par ailleurs l’étude menée par Opinionway pour Horoquartz sur la relation des managers au temps de travail.

 

Thierry Bobineau, Directeur Marketing chez Horoquartz

Thierry Bobineau - blog Horoquartz