janvier 2019

100 milliards d’euros : le coût de l’absentéisme en entreprise

L’absentéisme coûterait plus de 100 milliards d’euros chaque année, selon une étude publiée récemment. Si la pénibilité du secteur d’activité et du poste occupé a une influence certaine sur l’absentéisme, l’étude montre aussi que les pratiques managériales ont une incidence significative.

L’absentéisme en constante augmentation

16,6 : c’est le nombre moyen de jours d’absences pour arrêt maladie d’un salarié français chaque année, selon une étude menée par l’IFOP pour Malakoff-Médéric entre 2016 et 2017. Un chiffre qui masque de grandes disparités. Ainsi, 27,8% des cadres ont été absents au moins une fois en 2016 pour cause de maladie, contre 34,5% des employés et 40% des ouvriers. Quant au secteur d’activité, l’industrie et le BTP sont les plus concernés, avec 39% de salariés en arrêt maladie au moins une fois dans l’année.

Ces chiffres sont en constante augmentation. Les arrêts maladie ont ainsi augmenté de 7,5% entre 2010 et 2016, toujours selon l’étude Malakoff-Médéric. Une autre étude Sofaxis publiée en novembre 2017 corrobore ces chiffres en précisant que l’absentéisme a plus augmenté dans le secteur public depuis 2007 (+ 28%).

La facture réelle de l’absentéisme pour l’employeur est compliquée à mesurer officiellement. Elle peut néanmoins être estimée, à partir du temps passé par l’équipe pour corriger les dysfonctionnements liés aux absences, de l’achat de services externes imprévus (intérim par exemple)… L’Institut Sapiens, « think tech » française qui vise à développer des écosystèmes favorables au développement économique et au bien-être social, a publié en septembre 2018 les résultats d’une étude consacrée aux origines et au coût de l’absentéisme en France. Et leurs estimations sont astronomiques : le coût de l’absentéisme s’élèverait, en 2017, à … 107,9 milliards d’euros !  Autrement dit, 4,7% du PIB français, ou l’équivalent du budget annuel du Ministère de l’Education Nationale. Au total, cela revient à 3521€ par an et par salarié dans le privé, contre 6223€ dans le public.

 

2/3 des absences expliquées par des défauts de management des personnes

L’étude de l’Institut Sapiens va plus loin en explorant les différentes causes de ces absences. Ainsi, environ 1/3 de ces absences seraient incompressibles car liées à des causes exogènes : épidémies, accidents du travail, congés maternité… Les 2/3 restants regroupent les absences liées à la vie privée, pour raisons psychologiques (burn-out) ou physiques (troubles musculosquelettiques). Et l’institut indique que des défauts de management (au sens général) expliqueraient 99% des cas. Ils sont répartis en 6 catégories :

  • Des conditions de travail dégradées
  • Une organisation du travail défaillante
  • Une communication-coordination-concertation inadaptée
  • Une mauvaise gestion du temps
  • Une formation intégrée inappropriée aux situations professionnelles
  • Une mauvaise mise en œuvre stratégique (entre autres les politiques de rémunération).

Selon les auteurs de l’étude, ces défaillances managériales seraient essentiellement dues à une conception défaillante de l’organisation et des rapports au travail.

A noter, les autres causes de l’absentéisme (résultant de l’oisiveté d’un salarié ou du comportement extrême d’un manager envers ses équipes) concernent moins de 1% des cas.

 

Quelles solutions pour lutter contre l’absentéisme ?

Quelles solutions alors, pour réduire ces fameux 2/3 ? Réhalto et Opinionway ont, en 2015, interrogé les DRH quant aux actions préventives privilégiées. La lutte contre l’absentéisme passe donc par :

  • L’amélioration des conditions de travail, pour 74% d’entre eux
  • Un entretien de retour au travail après un arrêt prolongé (70%)
  • Une meilleure ergonomie des postes de travail (69%)
  • Une formation des managers (56%)
  • Une amélioration de l’organisation du travail (51%).

D’une manière générale, il semble possible de diminuer considérablement le taux d’absentéisme en repensant l’organisation du travail et en développant une véritable stratégie de Qualité de Vie au travail, pour réengager les salariés. En cela, les outils de gestion des temps et des plannings peuvent devenir de vrais alliés. Automatiser la gestion des temps, d’une part, améliore le climat social et renforce le sentiment d’appartenance des collaborateurs. 89% des salariés estiment d’ailleurs qu’une gestion des temps efficace participe au bon climat social de l’entreprise (Opinionway pour Horoqartz, 2017). Or on sait que la qualité du climat social a une incidence directe sur l’absentéisme maladie.

Il ne faut pas non plus sous-estimer le rôle de la gestion de plannings. En anticipant mieux les absences, en donnant un peu de souplesse aux salariés, en prenant en compte leurs contraintes personnelles quand cela est possible, il est possible de réduire le recours à des arrêts qui peuvent dans certains cas être la seule solution trouvée par un collaborateur à un problème personnel bloquant.

D’autre part, des solutions d’optimisation, comme celles proposées par Horoquartz, prennent en compte la pénibilité occasionnée sur certains postes. Il est ainsi possible de limiter la durée d’affectation sur des tâches difficiles (ex : un salarié ne pourra pas passer plus de X heures en continu sur un poste pénible). Les moteurs d’optimisation prennent ainsi en compte ces contraintes pour générer des plannings qui réduisent au mieux la fatigue des salariés et de fait, les risques d’arrêt maladie qui pourraient en résulter.

Enfin, si l’on veut agir sur les causes de l’absentéisme, il faut au préalable analyser les données de l’entreprise de façon détaillée et croisée. Une progression des arrêts maladie peut être due à des raisons externes (épidémiologiques, sociologiques) ou internes (période de forte activité, changement de process ou d’organisation, changement de manager…) voire aux deux. Les solutions de gestion des temps disposent d’une masse d’informations qui, croisées à des données externes, apportent en général des éléments de compréhension et de décision de premier ordre.

 

Pour en savoir plus : Bien gérer les temps et les plannings pour booster l’engagement des salariés

 

Marie Lasseron – Content Manager chez Horoquartz

Marie Lasseron - blog Horoquartz

 


Sources :

Institut Sapiens, 21 novembre 2018 – Le coût caché de l’absentéisme au travail : 108 milliards d’euros

Manutan/Malakoff-Médéric/Ifop – Les vrais chiffres de l’absentéisme en France

Iterop – Comment lutter contre l’absentéisme en entreprise ?

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